Malika Madi

Présentateur Conférencier
Une romancière à succès et une femme engagée
Faire évoluer les mentalités, tel est son projet

Malika Madi (1967) représente un fabuleux mélange entre deux cultures : belge et berbère. Son premier roman « Nuit d’encre pour Farah » a fait sensation. Il lui a valu le Prix de la Première Œuvre décerné par la Communauté française de Belgique et a été nominé pour le Prix des Lycéens en 2003.

Auteure de quatre romans et d'un essai, elle se lance aujourd’hui dans l’écriture théâtrale et adapte pour le cinéma son roman « Les silences de Médéa ». Dans les écoles Malika Madi anime régulièrement des ateliers d’écriture.

Initiation à la lecture

Née de parents originaires de Kabylie (Algérie), Malika grandit à Anderlues, village minier du centre de la Belgique. Son père s'y est installé au début des années 1960. Très tôt passionnée par la lecture, elle commence par découvrir la Bibliothèque Verte et rose avant de "s'attaquer" à la littérature classique française. Elle se lance très jeune dans l'écriture. A vingt ans, elle compte deux romans à son actif. Après ses études secondaires, Malika Madi opte pour des études de gestion.

Écrire, une nécessité

C’est l’écriture qu’elle choisit: « Écrire était devenu une nécessité » dit-elle. En 2000, elle publie « Nuit d’encre pour Farah ». L'histoire raconte la vie de Farah, benjamine de la famille, tiraillée entre sa culture d'origine et celle de son pays de naissance, la Belgique. Dans cette œuvre, l’écrivain nous aide à réfléchir sur la liberté des femmes à choisir leur destin. Ce premier livre est un très grand succès avec plus de 10 000 exemplaires vendus. Une reconnaissance certes mais surtout un encouragement à continuer.

Malika Madi a pour ambition de faire évoluer les mentalités et a pour modèles les auteurs de la première partie du XXe siècle: Sartre, Camus, Beauvoir, Vian..., engagés et militants. "Ce qui compte avant tout, c’est d’être lu" mais l’écrivaine est bien consciente que la lecture n’est pas possible pour tous. « L'objet livre est onéreux et c'est une des raisons qui éloigne les gens de la lecture. L'autre grande raison est internet où règne un foisonnement d’informations si large qu’ils s’y perdent ».

Je ne suis pas raciste, mais…

Mis à part le roman, Malika s’essaye aussi à d’autres genres : essais, scénarios, pièces de théâtre. « Je ne suis pas raciste, mais… » s’inscrit comme une réflexion adressée avant tout aux jeunes qui se posent des questions sur l’immigration, la diversité culturelle, le racisme, le port du voile, l’islam ou les musulmans. Mais aussi ce que dit l’islam sur la sexualité de la femme, sur l’intimité, l’amour ou le mariage.

Voilà 10 ans que Malika Madi effectue une cinquantaine de rencontres par an dans les écoles. Elle jette ainsi des ponts entre les cultures et sème les graines de la tolérance.

Les femmes, le théâtre et le cinéma

Par ailleurs, la romancière travaille sur une pièce de théâtre sur les rapports intergénérationnels. Dans la pièce, quatre générations de femmes sont mises en scène. « À travers l’œuvre, on se rend compte que malgré l’écart des générations, la petite fille de 20 ans arrive à entretenir une relation fusionnelle avec son arrière grand-mère de 85 ans, bien meilleure que cette dernière éprouve envers sa fille de 70 ans ». Last but not least, Malika vient d’achever le scénario pour l’adaptation franco-américaine au cinéma de « Les Silences de Médéa ». Son deuxième roman retrace l’histoire de Zohra, une jeune femme qui tente de reconstruire sa vie à Paris après un lourd passé en Algérie, alors en proie aux guerres civiles.

Le port du voile

Sur son blog, Malika Madi n’hésite pas à poster des billets d’humeur sur des sujets d’actualité sensibles, tels que la loi sur le port du voile, le harcèlement sexuel ou l’image donnée de l’islam dans les médias. Engagée et lucide aussi. Selon elle, trois raisons expliquent le port du voile : le repli communautaire, les pressions familiales et/ou sociales et l’engagement spirituel.

De par sa double origine, Malika Madi doit sans cesse trouver le juste équilibre entre ses origines maghrébines et ses racines belges. Un exemple de multiculturalité brillamment réussie. Romancière à succès, ses conférences sont le reflet de sa personne : profonde, humoristique et chaleureuse.

La littérature au féminin - La femme qui écrit ou la femme sujet de l'écrit

Diversité, Litérature

L'écriture fut très longtemps refusée aux femmes. Durant des siècles, seuls les hommes pouvaient disposer de l'écrit et était discréditée toute femme qui tentait de prendre la plume. Aujourd'hui, les choses ont-elles changé ? Si les femmes lisent plus que les hommes, c'est pourtant toujours les hommes qui écrivent le plus.

L'érotisme dans la littérature orientale

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Dans l'esprit collectif des hommes et des femmes de nos sociétés occidentales, le monde arabo-musulman est dépourvu de sensualité. L'image médiatique des femmes orientales se réduit au voile ou au niqab. Il existe pourtant une philosophie des sens que la littérature a longtemps dépeinte. Où en est-elle aujourd'hui ?

La multiculturalité, mythe ou réalité ?

Diversité

La plupart des moins de quarante ans n'ont jamais connu de société monoculturelle. Une minorité d'entre eux y rêve peut-être, mais peuvent-ils concevoir leurs villes sans restaurants chinois, épiciers italiens, boulangeries turques ou boucheries marocaines ? Entre la nostalgie de la Belgique de "Bon papa" et la douloureuse cohabitation des cultures multiples, comment trouver un équilibre nouveau sans donner à l'autochtone l'impression d'être dépossédé de sa propre culture ?

Les femmes issues de l'immigration et l'interculturalité en Belgique

Diversité

Il y a autant d'islam qu'il y a de musulmans. Il y a autant d'approches interculturelles qu'il y a de femmes issues de l'immigration. Pourrait-on, dans une grande manne que l'on nommerait "Occident", y placer sans distinction la Suédoise, l'Irlandaise, la Sicilienne et la Portugaise ? Pourquoi dans ce cas s'autoriser à réduire la "femme immigrée ou issue de l'immigration" à son voile ou sa pratique religieuse ? Parmi elles existent des féministes, des mères de famille, des pratiquantes, des athées, des révoltées, des passives... Une mosaïque à l'image de la diversité culturelle.

Les jeunes, l'école et la littérature ou comment concilier ce qui ne l'est plus !

Jeunesse, Enseignemen, Litérature

Pour nos jeunes l'image de l'écrivain reste celle "d'un vieux barbu entouré de livres dans un bureau poussiéreux coupé du monde et de ses préoccupations". Acro du net, l'adolescent de nos sociétés modernes pense être informé sans réaliser que cette "sur information" ne sert qu'en réalité à les sous informer.

Réconcilier le jeune avec le livre passe par une prise de conscience de la manipulation médiatique qui existe aujourd'hui. L'esprit critique se forge par la découverte non pas d'un livre qui traiterait d'un sujet bien précis, mais par plusieurs. Lui permettre de rencontrer des auteurs en classe, en bibliothèque ou centre culturel... Cela permet aussi de dédramatiser le monde des Lettres.

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