Francis Van de Woestyne

Présentateur Conférencier
Elio Di Rupo, sans zone d'ombre
Tout comprendre de la politique belge

Francis Van de Woestyne (1955)est rédacteur en chef et éditorialiste de La Libre Belgique, le grand quotidien francophone. Après une dizaine d'années en tant que journaliste, il est promu rédacteur en chef adjoint, puis il redevient journaliste politique, fonction qu'il occupera en parallèle avec une seconde casquette: éditorialiste en chef.

Tout au long de sa carrière de journaliste, Francis Van de Woestyne a multiplié les interviews et les rencontres avec les hommes et les femmes politiques. Certains l'ont marqué plus que d'autres: Guy Verhofstadt, Herman Van Rompuy, Louis Michel et aussi Elio Di Rupo. "Je l'interviewe régulièrement depuis 15 ou 20 ans et au fil de ces rencontres, une confiance mutuelle s'est installée. Nous parlons de politique bien sûr, mais aussi de mille autres sujets."

De correspondant à rédacteur

C’est en 1978 que Francis Van de Woestyne (1955) fait ses premiers pas dans le journalisme. Apres des études de communication à l’IHECS (alors près de Tournai), il devient correspondant à la Gazette de Liège. Quelques comptes rendus de conseils communaux plus tard, il est engagé comme fait-diversier dans le même journal. Il y restera un peu moins d’un an et y apprendra surtout la rigueur. " Le fait divers est une excellente école car on a pas droit à l'erreur, on se doit d’être excessivement précis dans la relation des faits ".

De fait-diversier à rédacteur en chef

En 1980, Francis Van de Woestyne est engagé pour de bon comme journaliste, toujours à la Gazette de Liège. Il couvre toute l'actualité régionale, particulièrement singulière à l’époque. La fin des années 70 et le début des années 80 a pour toile de fond la crise de la sidérurgie wallonne, les grandes grèves et une ville de Liège quasiment en faillite. "Du coup mes articles étaient souvent repris dans les pages nationales de la Libre Belgique, si bien que lorsque le Vif est créé en 1983 et que deux journalistes de la Libre rejoignent le nouvel hebdomadaire, je suis appelé à occuper l’une des places vacantes".

La Libre Belgique, le grand quotidien francophone. Il ne la quittera plus et y fera toutes ses gammes. Après une dizaine d'années en tant que journaliste, il est promu rédacteur en chef adjoint, une place qu’il occupera durant 7 ans. Francis Van de Woestyne considère cette nouvelle fonction comme une expérience très enrichissante mais le terrain, l'écriture lui manquent. Ainsi en 1996, il redevient journaliste politique, fonction qu'il occupera en parallèle avec une seconde casquette: éditorialiste en chef. Une tâche qui lui tient particulièrement à cœur : "un édito n'est pas un article normal car on y prend position. Et je veille pour que réelle prise de position il y ait. Pour moi, il faut toujours une idée et trois arguments. C'est ce que j'essaie de faire." Depuis septembre 2013, Francis Van de Woestyne est rédacteur en chef de La Libre.

Sacrée politique belge...

Etre journaliste politique en Belgique… Si l’actualité politique belge est certes sans cesse à rebondissement, nombreux sont ceux à la trouver lassante, ennuyeuse, voire insupportable. Pas Francis Van de Woestyne. Bien au contraire, sa passion pour la politique belge ne tarit pas. Son rôle est d’aider à faire comprendre cette politique belge parfois si indigeste, explique-t-il. Aller chercher l’information là où elle se trouve, à savoir au niveau des dirigeants, et s’employer à la vulgariser ensuite...

En fait, cette passion pour la politique belge est née quand il était encore tout jeune. Ou passion plutôt pour le métier de journaliste politique. "Mon père a acheté notre première télévision en 1963, pour suivre la retransmission de l’enterrement de Kennedy. A dater de ce jour, tous les soirs nous regardions le journal télévisé, les nouvelles comme on disait, dans un silence religieux". Il est vrai que le père de Francis est féru de politique, il regarde les Eyskens, Vanden Boeynants, Spaak et autres politiciens de l’époque. Francis regarde également mais lui, il est davantage intéressé par ce Monsieur qui leur pose des questions... Le virus est sans aucun doute né à ce moment-là !

Elio Di Rupo, personnage romanesque

Tout au long de sa carrière de journaliste, Francis Van de Woestyne a multiplié les interviews et les rencontres avec les hommes et les femmes politiques. Certains l'ont marqué plus que d'autres: Guy Verhofstadt, Herman Van Rompuy, Louis Michel et aussi Elio Di Rupo. "Je l'interviewe régulièrement depuis 15 ou 20 ans et au fil de ces rencontres, une confiance mutuelle s'est installée. Nous parlons de politique bien sûr, mais aussi de mille autres sujets."
Petit à petit, l'envie de faire découvrir cette personnalité complexe, devient plus précise. L'été 2008, La Libre entreprend une série de rencontres avec des hommes et des femmes politiques. Avec une exigence: les faire parler de tout… sauf de politique. La série est un succès. Francis Van de Woestyne se charge notamment de l'entretien avec Elio Di Rupo. La matière est abondante, beaucoup trop pour un seul article. Ainsi naît l'idée de concevoir un long récit de sa vie qui commencerait par ces mots: "Je suis né le 18 juillet 1951…". Encore faut-il trouver le temps. Survient la grande crise politique 2010-2011. Les négociations s'éternisent. Di Rupo accepte le principe d'un livre sur sa vie et sa vision. Entretemps, il est nommé formateur. Qu'à cela ne tienne: 10 rencontres de plusieurs heures seront organisées, en Belgique et en Italie, au cours desquelles Elio Di Rupo se livrera comme jamais il ne l'avait fait auparavant.

Ce sera une très longue interview qui, pour le journaliste, en appelait irrémédiablement d'autres. "Durant les 541 jours qu'a duré la crise, nous avons utilisé les quelques temps morts pour reprendre la conversation". Avec dès l'entame des rencontres, une règle d'or: pouvoir parler de tout, sans aucune zone d'ombre.

Voilà longtemps que vous lisez Francis Van de Woestyne. Aujourd’hui, vous avez l’occasion de l’écouter vous raconter le Di Rupo qu’il connait et partager avec vous sa vision de la Belgique. Une très belle conférence.

La Belgique, un pays formidable… en sursis ?

Belgique, Belgique

Francis Van de Woestyne est sans doute le journaliste qui connaît le mieux Elio Di Rupo. Et il peut en parler tout en demeurant parfaitement objectif. Un Premier ministre qui se présidentialise de plus en plus. A la fois par goût et par nécessité.

"Par goût parce que Di Rupo a toujours voulu être un peu au-dessus de la mêlée, sans bien sûr cacher ses convictions socialistes. Par nécessité parce qu’il dirige un gouvernement composé de six partis dont trois, les flamands, sont en permanence la cible d'un parti qui a la majorité en Flandre. Cela oblige une nouvelle fois Di Rupo a se placer au-dessus du débat."

Un grand merci à Mr Francis Van de Woestyne pour sa gentillesse, sa superbe conférence qui a captivé notre public et la facilité à répondre aux questions posées.

Frédéric Patty - Université du Temps Libre de Mons
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