Paul Sobol

Conférencier
Témoignage poignant d’un rescapé d’Auschwitz
Un homme édifiant malgré un passé douloureux

Après un passé douloureux dans l’univers des camps de concentrations et d’extermination nazis, Paul Sobol s’est reconstruit et a fait carrière dans la publicité. Pendant 40 ans, il n’a pas dit un mot sur l’horreur qu’il a vécue. Puis, à soixante ans passés, il retourne pour la première fois à Auschwitz. Parler devient alors une évidence.

Il témoigne dans les écoles et universités et touche le monde entier. Aujourd’hui, il n’en veut plus à ses bourreaux mais garde un souvenir indélébile. Un souvenir qu’il a décidé de transmettre. A 84 ans, Paul Sobol publie son premier livre « Je me souviens d’Auschwitz ». Un second est en cours de préparation. Un bel exemple de courage et de ténacité pour la jeune génération.

Une jeunesse tranquille

Paul Sobol fait ses premiers pas dans la capitale française puis émigre en Belgique avec ses parents et ses frères et sœur. Petit, il rêve de devenir aviateur et se découvre une passion pour le dessin. Son père, qui travaillait dans le secteur de la fourrure, choisit la même voie pour son fils, mais le jeune garçon s’arrange pour se faire exclure de tous les ateliers. Il préfère le dessin et entame à 16 ans des cours de mécanique pour un jour devenir aviateur et aider la résistance.

Pendant la guerre, le jeune homme doit arborer l’étoile jaune qu’il appelle, moqueur, son étoile de shérif. Par peur d’être repérés, les Sobol déménagent à Ixelles et entrent pour deux ans dans la clandestinité. Paul, adolescent sportif, s’entoure d’une bande d’amis issus de la petite bourgeoisie catholique et rencontre Nelly à l’âge de 16 ans. Une relation amoureuse naît, dans l’insouciance. La nuit du 13 juin 1944, suite à une dénonciation, la gestapo débarque et la famille Sobol est arrêtée.

De Malines à Birkenau-Auschwitz

La jeune Nelly lui expédie à la caserne Dossin de Malines une petite photo d’elle, qu’il parviendra à conserver miraculeusement dans les camps. « Tout au long de ma souffrance, son image m’a fait tenir ». C’est accompagné de sa famille qu’il entame son voyage à travers l’Allemagne et la Pologne. Première destination : Birkenau. Dans le train, Paul pense à Nelly, sur un bout de papier, il griffonne un mot et le balance sur la voie ferrée près d’Anvers. Par miracle, un cheminot le trouve et l’envoie à la destinataire.

Pendant presque un an, jusqu’au jour où a lieu la capitulation allemande, le quotidien de Paul Sobol sera rythmé par les voyages en trains à bestiaux, les couchettes insalubres, la faim permanente, le travail de forçat, les appels dans la cour…

A l’arrivée au camp, le processus de déshumanisation commence. On ne l’appelle plus par son prénom mais par un numéro, le B°3635. Il perd son statut d’être humain et devient esclave. Il entend parler des chambres à gaz mais a du mal à y croire. Grâce à ses talents de dessinateur, il se fait protéger par un kapo ce qui lui permet d’alléger un peu sa souffrance. Le 18 janvier 1945 commence « la marche de la mort », un exode meurtrier jusqu’au camp de Dachau. Enfin, Paul s’échappe lors de bombardements et parvient à se cacher jusqu’à la libération par l’armée américaine. Il parvient ensuite à rejoindre Bruxelles. Commence l’attente. Ses parents et son frère David ne reviendront pas. Seule sa sœur Betsy survivra. Paul Sobol ne pardonnera jamais et garde un souvenir indélébile de cette période.

La reconstruction

A son retour, Paul retrouve Nelly, son amour de jeunesse et ne la quittera plus. Ses parents, d’abord réticents à l’idée de voir leur fille se marier à un juif sans emploi qui a tout perdu, finissent par l’accepter. Suite à sa rencontre avec Jacques Meert, son mentor catholique, et par amour, Paul se convertit au catholicisme. Deux enfants naissent de leur union mais ni sa femme, ni eux, n’entendront parler de son enfer concentrationnaire. Puis, en 1987, à l’âge de 61 ans, Paul retourne pour la première fois à Auschwitz. A la demande des participants à ce voyage, il raconte pour la première fois. Plus tard, il livrera son témoignage à la fondation Spielberg et donnera la cassette enregistrée à ses enfants. Un moyen d’ouvrir son cœur.

Une carrière d’exception

Chapeau bas pour cet homme au courage inouï. Paul Sobol se bat tout au long de sa vie. Il démarre des cours du soir puis se met à son compte et crée sa propre agence de publicité en 1954. Il enchaîne les projets professionnels et monte d’autres sociétés de marketing et de promotion. C’est d’ailleurs à lui que l’on doit la campagne de lancement de la chaîne de supermarchés « Grand Bazar » qui n’est autre aujourd’hui que l’enseigne « Carrefour ». Puis, parallèlement, lors d’un séjour à Corfou, dans les années 50, il se passionne pour la plongée sous-marine. Il développe les premiers centres de plongée à Bodrum (Turquie) et Sharm el Sheikh (Egypte), devenus aujourd’hui des lieux phares pour les amateurs de plongée.

Le témoignage de Paul Sobol, un des derniers survivants d’Auschwitz, est poignant et puissant : « Ma vie ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. On peut devenir quelqu’un même en partant de rien».

Une vie après Auschwitz!

Europe

Paul Sobol témoigne avec beaucoup d’humilité de sa jeunesse heureuse, de la descente aux enfers absurde dans les camps de concentrations et d’extermination nazis et de la nouvelle famille qu’il a construite.

De retour des camps à 18 ans, seul, sans argent et sans études, il a fait une belle carrière dans la publicité, comme créateur d’entreprise et comme passionné de plongée. Un message d’espoir aussi pour tous les jeunes désorientés d’aujourd’hui. Un témoignage puissant et une leçon d’espoir par un homme fort comme un roseau.

L’assemblée présente ce jour-là a fortement apprécié et beaucoup m’en parlent encore maintenant.

C’est une personne très agréable à écouter et qui « parle bien » en décrivant simplement et sans chichi ce qui est arrivé dans sa vie. Il répond avec beaucoup de sincérité aux questions qui lui sont posées.

Bref..ce fut une conférence exceptionnelle,remplie d’émotion, de souvenirs pour certains et de découvertes pour d’autres !

Un partage humain comme rarement nous pouvons avoir dans ce genre d’activité !

Marie-Astrid ATTOUT BERNY - Échevin de la famille, Commune de Ham-sur-Heure
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