Jean-Michel Saive

Conférencier
30 ans de carrière au top et certainement pas l’intention d’arrêter!
«Saviez-vous qu’Eddy Merckx perdait 2 courses sur 3 ? Il faut intégrer ses échecs»

Nous avons rencontré Jean-Michel Saive (1969) la veille de son départ pour Tokyo, où il participe à ses 23èmes championnats du monde ! Ce n'est pas la première fois que les mondiaux de tennis de table se déroulent dans la capitale japonaise. C’était déjà le cas en 1983 et Jean-Michel Saive était déjà présent. Ses premiers mondiaux. Il n'avait que 13 ans !

Serait-ce une jolie façon de boucler une carrière sportive phénoménale ? Certainement pas !, 'Jean-Mi' n'a nullement l'envie de mettre sa raquette au clou pour l'instant ! Retour sur un palmarès à faire pâlir d'envie bon nombre d'athlètes.

Un belge numéro 1 mondial

Jean-Michel Saive est né en 1969 dans une famille de pongistes. Il aime à rappeler que tout gamin, avec son frère Philippe, il frappait la petite balle de celluloïd sur la table de la cuisine pendant que ses parents jouaient en interclubs.

Depuis son premier tournoi de ping en octobre 1978 à Eupen, il ne cesse de gravir les échelons, patiemment. Dans sa catégorie d'âge d'abord : il est Champion d'Europe cadet en 1984 ; et, de suite dans la catégorie senior : en 1985, il fête son premier titre national. Un titre qu'il n'a jamais quitté depuis puisque Jean-Michel Saive est numéro 1 belge depuis 30 ans, sans interruption ! « Quand je me pose et que je réfléchi à ce chiffre, je trouve cela hallucinant ! »

Il prend rapidement conscience de son potentiel et travaille d'arrache-pied pour progresser encore. « Evidemment, je ne bénéficiais pas des mêmes structures d'entrainement que les Allemands, les Français ou les Suédois, mais très vite j'ai su qu'après mes humanités, je me donnerais 2 ans pour faire du tennis de table à fond ». Cet acharnement porte ses fruits. En 1988, il bénéficie d'un service militaire allégé et parvient à se qualifier pour ses premiers jeux olympiques, à Séoul.

Le début des années 90 est marqué par la mainmise des européens sur le tennis de table mondial, notamment avec l'armada suédoise (Appelgren, Waldner, Persson et Lindh). Jean-Michel bouscule petit à petit ce beau monde, pour, en 1994, gagner le Top 12 Européen à Birmingham en battant Waldner en finale (le « Federer » du tennis de table de l’époque) et se hisser par la même occasion à la plus haute marche du classement mondial.

« Si je devais épingler un fait de ma carrière, ce serait sans doute celui-là: avoir été pendant 15 mois continus numéro 1 mondial. Cela me semble aujourd'hui hallucinant. Surtout qu'au début des années 80, la Chine dominait le ping comme elle le fait aujourd’hui. Cela paraissait impossible, impensable. Waldner et d'autres suédois ont ouvert la porte, d'autres européens y ont cru, et moi aussi... »

Le « Fighter »

Jean-Michel Saive a accumulé le palmarès qu'on lui connait, époustouflant. Un seul regret peut-être, l'absence de médaille aux JO, et ce quart de finale perdu en 1996 à Atlanta alors qu'il est au sommet de sa carrière. « Cela a été très difficile car j'avais le sentiment que je n’étais qu'à une infime marche du sommet, qu'il ne me manquait plus que l'or olympique, et qu'au lieu d'arriver à cet ultime étage, l'ascenseur s'est soudain mis à descendre ».

Par la suite, sa carrière connait des hauts et des bas et l’arrivée d'une nouvelle génération de joueurs chinois. Parmi d'autres titres, il gagne l'US Open en 1998, il est sacré champion du monde en 2001 avec son club de l’époque La Villette, année où il est également vainqueur du classement général au Pro-Tour et vice-champion du Monde par équipe avec la Belgique. En 2002, il signe sa seconde victoire à l'Open du Qatar, puis est vainqueur de la Ligue des Champions l’année suivante. En 2005, il est vice-champion d’Europe, etc. Et puis, évidemment, il a à son compteur 7 participations aux Jeux Olympiques !

Aujourd'hui, 30 ans plus tard (!), Jean-Michel Saive n'a toujours pas rangé sa raquette au placard. Il n'y pense pas et persiste avec la même hargne qu'à ses débuts, avec ce fighting spirit qui lui a permis d'accumuler tant de succès. En début de saison 2014, il voulait être champion de Belgique pour la 25ème fois, rester numéro 1 belge pour la 30ème fois et gagner le championnat de Belgique avec son nouveau club, Le Logis Auderghem. Trois challenges pleinement réalisés...

Cela dit, s'il prend toujours plaisir à s'entrainer, il doit désormais jongler avec d'autres responsabilités, extra-sportives.

Dans l’intérêt des sportifs

Depuis les JO de Londres, Jean- Michel Saive a été nommé directeur technique de la fédération de tennis de table belge francophone. « C'est mon premier métier aujourd'hui », sourit-il. Mais son engagement au sein des instances sportives dirigeantes remonte déjà à la fin des années 90. Vu qu'il n'existait alors pas de Commission des athlètes de tennis de table, Jean-Michel participe à la création du Club of Table Tennis Professional, dont il est élu président.

« Cela m'a toujours intéressé de défendre les intérêts des sportifs. La meilleure façon d'y arriver était selon moi d'aller voir l'envers du décor, ce qui se passait dans les coulisses, dans les hautes sphères, et de tenter d'y avoir de l'influence. »

Depuis les années 2000, il enfile différentes casquettes : d'abord membre de la Commission des athlètes olympiques belges, il est nommé en 2009 administrateur au Comité Olympique Belge. Ce sera ensuite la Commission des Athlètes Olympiques Européens, dont il est élu président en 2013, ce qui lui confère de nouvelles responsabilités dans les instances internationales.

« Ces nouvelles responsabilités sont passionnantes, mais cela demande beaucoup d’investissement car si comme moi on veut faire bouger les choses, il faut être à la fois suffisamment armé et très diplomate! »

Rio 2016 ?

Est-ce à dire que ces responsabilités sans cesses croissantes signent un frein à son quotidien de sportif de haut niveau ? Et bien non ! Il suffit d’évoquer les prochains jeux de Rio (ce serait ses 8èmes!) pour retrouver Jean-Michel Saive toujours aussi combatif. « Ce n'est ni oui, ni non, la fenêtre n'est pas fermée... Cela dépendra de mon classement mondial et donc de ma volonté de m'y consacrer pleinement durant l’année 2015. Ce qui implique que je puisse m'adapter aux nouvelles balles en plastique, qui remplaceront d'ici peu celles en celluloïd. Mais si dans 6 mois j'ai le même niveau avec cette nouvelle balle, ce serait bête de ne pas essayer... »

30 ans de carrière : comment arriver au top et performer dans la durée !

Leadership, Stratégie, Motivation, Sportifs individuels

Jean-Michel Saive (1969) partage avec force et sympathie ses années d’expérience comme sportif de haut niveau en tennis de table. Champion de Belgique ininterrompu depuis 30 ans ! Champion du monde en 2001. Comment atteindre le top en tant que belge dans une spécialité traditionnellement chinoise ? Quelle préparation physique et surtout mentale ? Saviez-vous qu’Eddy Merckx perdait 2 fois sur 3 ? Comment gérer les échecs et rester motivé durant 30 ans ? Jean-Michel Saive vous emmène dans son univers inspirant en prenant comme fil rouge ses 7 participations aux Jeux Olympiques.

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